La gourmandise

L’autre jour au travail, on se remémorait les péchés capitaux. Des sept énoncés, le mien est définitivement et sans ambiguïté la gourmandise.

Quand je suis triste, je suis incapable d’avaler une miette, ma gorge se noue. La nourriture, la gourmandise, les sucreries sont reliées à tous mes moments de bonheur. Ils représentent mon ancrage dans le passé. Ils prennent la forme de tous mes souvenirs de famille.

Ils sont les grandes tablées familiales du dimanche autour du couscous de ma grand-mère, inlassablement suivies d’une sieste pour les hommes et d’une balade digestive dans la nature. Juste pouvoir se nourrir du bonheur d’être ensemble et regarder ce dimanche après-midi s’écouler lentement dans la chaleur familiale. Celle qui prend des allures de doudou contre lequel on se sait à l’abri de tous les dangers.

La gourmandise pour moi c’est cet immense placard en bois massif qui trônait dans le salon de ma mamie. Sa porte magique en bas à gauche, un tour de clé en guise de mot de passe qui ouvre sur la caverne à sucreries. Surprise de ce que l’on va trouver à l’intérieur : les boites d’haribo, de snickers, de kinder bueno, de petit prince, de malabar que l’on mange par 2 ou 3 jusqu’à se faire mal à la machoire. Ce paradis sous forme de placard. L’eden de ma gourmandise.

La nourriture, c’est encore les mercredis pizzas ou nuggets de poulet après la danse. Après l’effort le réconfort. Toutes ses marques, ses preuves d’amour ancrées en moi qui ont imprimé dans mon cerveau une nourriture amour, une nourriture don de soi et réconfort, une nourriture bonheur de mon enfance, tendresse de ma grand-mère, culture de ma famille, liens familiaux qui se tissent par l’estomac, qui se remémorent par les sens. L’odeur des croquants de ma grand-mère, de son Italie natale qu’elle nous fait visiter par les papilles. Ces plats qui n’ont le goût d’aucun autre, qui ont pour ingrédient secret la patience, l’amour, et l’innocence de l’enfance, celle de l’éducation du goût ou tout sera ensuite comparé à ces premières saveurs dégustées dans la chaleur du foyer et qu’on ne trouvera plus jamais.

Peut-être au delà du gout c’est cet amour et cette patience là qu’on ne trouvera plus. Cette douceur, ce lieu cocon empreint d’odeurs savoureuses et familières qui constituent l’essence et la base de notre vie, de notre socle. Celui sur lequel on va pouvoir grandir et se construire à loisir.

Peut-être que mon pêché est la gourmandise pour cette raison.

2 commentaires sur “La gourmandise

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