La leçon de piano

 

De 10h à 11h, un samedi sur deux c’est piano. Rendez-vous musical bimensuel. Amorce de week-end en musique. J’aime m’y rendre à pied. 45 minutes de marche d’un bon pas. Emmitouflée dans mon écharpe ou simplement vêtue d’un tee-shirt, sac à dos sur le dos. Je tourne à gauche de ma rue, passe devant le panneau « parc chien saucisse » qui m’évoque chaque fois l’image d’une meute de chiens courts sur pattes. N’y a-t-il que des chien saucisses dedans ? Quelques maitres à chiens l’ont-ils pris au premier degré ?

Mes pas raisonnent par intermittence avec le bruit du tram le long du boulevard Longchamps. C’est calme, silencieux. Quelques promeneurs de chiens ( interdits de parcs saucisses pour causes de chiens trop hauts sur pattes ? ), quelques trottinettes, vélos, skates. Je cueille sur mon passage les bribes de conversations, les petits détails insignifiants, rigolos, cocasses, bizarres. J’ouvre les yeux. Je tends l’oreille. Je saisis le moment. Mes sens sont aux aguets. Mes narines tressaillent au marché aux fleurs, l’air est embaumé d’un panaché de senteurs florales, puis Saladin et ses 1000 épices aux couleurs d’Orient me transportent de l’autre côté de la Méditerranée. Je continue en direction de la girafe des Réformées, bibliothèque de rue, culture à porter de main, pour quelques fois y glisser un livre ou deux. Au Vieux port, c’est son odeur de poisson iodée qui me saisit, pas vraiment agréable mais atypique, tellement symbolique de ma ville, de ses traditions qui perdurent.

De temps à autre, je prends le petit déjeuner cours Estienne d’Orves, en terrasse si le temps le permet. La vie se cueille dans le bonheur des moments simples, d’un chocolat qui fume et qui brûle la langue si on le boit trop vite, d’un jus d’orange pressé qui laisse des morceaux de pulpe dans la bouche et d’un pain au chocolat tout chaud que je dépiaute minutieusement pour qu’il ne me reste que les 2 barres de chocolat. Toujours garder le meilleur pour la fin.

Puis je reprends mon chemin. Cette fois c’est une ascension que j’entame jusqu’à cette enseigne rouge bien connue maintenant. Repère de mélomanes. Ça fuse à travers les portes offrant un concert improvisé. Pendant une heure mes doigts marchent sur le clavier à défaut de courir comme le souhaiterai ma prof avec son pas boitillant, sa peur frénétique que quelqu’un entre pendant la séance et son rire expressif quand une note dérape.

Une heure plus tard, je repars, de la musique plein la tête, et fait le chemin en sens inverse. Ca s’agite sour l’ombrière ; fanfares, départ de bateaux pour le Frioul. Marseille se réveille, vivante, vibrante. C’est elle qui m’ offre sa plus belle symphonie.

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