L’appartement

Voilà 3 ans que ces 42 m2, 6ème étage première porte à gauche en sortant de l’ascenseur sont le théâtre de ma vie de jeune adulte. L’après papa maman, l’envol de l’oiseau.

Cet espace bien à moi empreint de mon univers, mélange de bois clair et de blanc, contrasté par des touches diluées de couleur chaudes est le témoin de mes rêves et mes déceptions, de mes danses improvisées devant le miroir, des petits déjeuners au lit laissant des miettes qui grattent la nuit, de la bière pêche en été sur la terrasse, des siestes en diagonale du lit, des bouquins qui s’empilent sur la table de chevet, des nuits qui débutent avec le soleil après une nuit à danser légèrement enivré d’alcool mais surtout de musique.

De mes petits rituels que je cultive avec amour, de la vaisselle tous les matins, du frigo presque vide, du piano recouvert d’habits, du diffuseur d’huiles essentielles, de l’oreiller qui sent l’amande douce, des bougies qui s’éparpillent un peu partout, des placards qui ferment mal, des habits jonchant le sol en attente de la prochaine lessive, des plantes qui meurent à tour de rôle et sont remplacées avec acharnement par de nouvelles au même destin funeste, de tous les projets qui sont nés entre ces murs et que je sers fort contre mon cœur pour ne plus qu’ils s’échappent. Des angoisses, des nuits hachées, des coups de stylos sur la couette quand je travaille jusqu’à ce que la main brûle, des matins en musique ou en podcast, de la liberté de déambuler en tenue d’Eve dans toutes les pièces, des recettes végétariennes que je teste, des découvertes culinaires intéressantes et des ratées totales, des soirées à thèmes entre amis, des apéros sur la terrasse en été après un plongeon dans la piscine, des serviettes chlorées ou salées étendues un peu partout, des traces dans la baignoire dont je n’arrive jamais à venir tout à fait à bout, du lavabo qui se bouche un peu trop souvent, des nuits entières à refaire le monde avec Julia assise sur le canapé avec tisanes et petits gateaux, du maillot de piscine qui sèche sur le rebord de la baignoire, des chaussures jetées en vrac dans le placard, des vibrations du train qui souvent me bercent, des peurs nocturnes, des vérifications compulsives de porte fermée, du vent qui s’engouffre sur la terrasse et donne des allures de fin du monde lorsque les stores sont fermés.

Ces quatre pièces qui sentent le savon de Marseille et la lavande sont les spectatrices de ma transition vers mon vrai moi ,mon moi profond. Celui que j’apprends à  chérir jour après jour. Tous ces gestes habituels, ronron, douceur de mes habitudes qui s’ancrent dans mes sens. Toute une vie, tout un rituel, une empreinte quotidienne de ce que je sens déjà, marquera toujours mon esprit du souvenir indélébile de cette légèreté caractéristique de cette période si intense, si vibrante, si vraie de ma vie.

La solitude parfois, la liberté tout le temps.

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