Le lever du soleil

5h 30, le réveil sonne. Une minute plus tard mes pieds entrent en contact avec le carrelage froid. Changement brutal de matière et de température. J’ai toujours trouvé les réveils qui s’éternisent d’une incroyable violence. Je suis de ceux qui préfèrent arracher le pansement d’un geste franc et net. Je file sous la douche, enfile mon maillot, un short et un tee-shirt, me brosse les dents, regroupe mes cheveux en un chignon flou. A 5h45, je fais bipper ma voiture et m’engouffre dedans. 10 minutes plus tard je retrouve Angé devant chez elle. Même allure de dodo encore tout chaud. Et nous voilà parties toutes les deux fendant la nuit. Nous avons rendez-vous à 6h52 exactement. Notre rencard est ponctuel, il ne nous attendra pas.

Nous roulons à vive allure dans cette ville, habituellement encombrée de voitures et de klaxons. Pour l’heure, elle dort encore. Nous arrivons à son extrémité, là où la mer et les rochers se côtoient une dernière fois avant de laisser l’étendue bleue voguer vers d’autres horizons.

Tels des explorateurs, nous sortons notre smartphone, transformé pour l’occasion en boussole. Notre rendez-vous avec le soleil a lieu dans moins d’une demi-heure. On veut le surprendre au saut du nuage. Le voir sortir doucement de son lit moelleux et cotonneux.

Mais voilà que l’aiguille de la boussole nous apprend que l’Est est caché par les pics menaçant d’une montagne. Le lever du soleil sur la belle bleue restera une utopie.

Est-ce que la capacité à rêver et à anticiper l’avenir vient sans arrêt entrer en contradiction avec ce qu’offre la réalité ?

Passée notre déception, nous trouvons un plateau au sommet d’une petite colline. Il est 7 heures. La journée nous appartient. Nous installons nos serviettes et faisons connaissance avec l’aube. C’est l’heure des joggeurs, des campeurs et des pêcheurs. Tout un monde qui nous est inconnu. Un monde caché, parallèle.

Un monde à découvrir, à contempler. L’aurore d’une nouvelle journée qui s’offre pleinement à nous. Un monde silencieux, excepté le bruit sourd de la mer qui ne dort jamais et qui danse son va et vient incessant.

A 10 heures, nous redescendons de notre sommet pour nous immerger dans la vie matinale, celle des bâillements et des cheveux ébouriffés et des traces de coussins sur la joue. Nous nous faufilons dans une boulangerie et sommes enveloppées par une odeur de croissant qui sort du four, éveil de la vie de village, ouvertures de volets, voisins qui se saluent.

Certes nous avons raté le lever du soleil mais c’est la vie qu’on prend au saut du lit.

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